Le vol en parapente

Les différentes phases d’un vol de parapente.

DECOLLAGE EN PARAPENTE

Le décollage s’effectue en général dans une pente.

  • Le parapentiste place son aile à terre, bien étalée (en forme de corolle) et face à la pente. Il s’installe dans sa sellette en veillant bien à respecter les vérifications d’usage (check-list comme en aviation : points d’accrochages de la sellette, casque, radio et pas de nœuds dans les suspentes). Il faut qu’il y ait une légère brise qui remonte la pente face à lui pour lui faciliter le décollage et que les conditions météorologiques soient adaptées.

Quand toutes ces conditions sont réunies, il peut commencer la phase de décollage.

  • Il prend dans chaque main un frein ainsi que les suspentes A (ce sont celles du bord d’attaque).
  • Il commence à avancer dans la pente en se penchant en avant afin de tirer en premier le bord d’attaque de l’aile. Le fait qu’il ait les suspentes A en main facilite la montée du bord d’attaque. Il doit donner une impulsion suffisante pour que l’aile se gonfle et monte au-dessus de lui. Un peu avant que l’aile soit au-dessus de sa tête, il lâche les suspentes A. C’est la phase de gonflage, ou construction de l’aile.
  • Une fois l’aile au-dessus de sa tête, il ralentit l’aile avec les freins afin qu’elle reste au-dessus de lui et ne le dépasse pas. Il a alors quelques secondes pour vérifier que l’aile est bien déployée et qu’il n’y a toujours pas de nœuds dans les suspentes. C’est la phase de temporisation, essentielle à un décollage en sécurité.
  • Si tout lui semble bon, il commence à courir en faisant de grands pas afin de secouer le moins possible l’aile et ainsi éviter de lui faire perdre de la portance. Quand il atteint environ 30 km/h(vitesse air), l’aile a une portance suffisante pour le faire décoller du sol et il s’envole. C’est la phase de décollage proprement dit.
  • Il s’éloigne alors de la pente pour être en sécurité et s’installe confortablement en position assise dans sa sellette. La phase de vol peut alors commencer.

VIRAGE EN PARAPENTE

Deux éléments complémentaires permettent de faire tourner l’aile : l’action sur les commandes et le pilotage sellette.

Lorsque le parapentiste tire sur la commande gauche, la partie gauche du bord de fuite descend, ce qui ralentit la partie gauche de l’aile et fait tourner le parapente à gauche. Et inversement du côté droit. La réalité fine du pourquoi et du comment du virage en parapente semble très complexe et divise les spécialistes, mais cette description schématique n’en est pas moins exacte : avec la plupart des ailes, cette action sur un frein suffit à obtenir un virage bien coordonné entre les axes de lacet (rotation dans le plan horizontal) et roulis (pendule dans le plan latéral).

Il est également possible de se pencher dans la sellette : cette action incline l’aile essentiellement selon l’axe de roulis et du côté où l’on se penche, modifiant ainsi le dosage du virage entre roulis et lacet. Cela peut être utile soit pour rectifier un virage désaxé par la turbulence, soit pour optimiser le virage ou son déclenchement sous certaines ailes mal coordonnées au frein seul, soit pour forcer un virage avec beaucoup de roulis initiant une descente rapide, ou au contraire un virage en lacet seul (dit « virage à plat ») permettant parfois de mieux exploiter des thermiques faibles et larges…

LES DIFFERENTS VOLS EN PARAPENTE

Après avoir éprouvé la joie de pouvoir voler sans aucun moteur, avec juste un léger vent sur le visage pour compagnon, le parapentiste qui voudra progresser apprendra à utiliser les courants ascendants afin de remonter et prolonger son vol. Il existe 2 types de courants ascendants : les courants dynamiques et les courants thermiques, qui bien souvent se mélangent, et qui ne sont bien-sûr jamais aussi simples dans la réalité que tels qu’on les modélise.

Vol thermique

Le vol thermique consiste à utiliser des courants thermiques (appelés « thermiques », « ascendances » ou « pompes ») pour monter. Ces courants résultent du fait que de l’air plus chaud que l’air qui l’entoure est moins dense et a donc tendance à s’élever (montgolfière, fumée…).

Ce mouvement ascensionnel ne se produit que si la masse d’air chaud se refroidit autant ou moins vite que l’air ambiant qu’elle traverse en s’élevant. Cette condition est remplie lorsque le gradient de température est supérieur à 0.6°C pour 100 m.

L’air est chauffé lorsqu’il est en contact avec un sol qui est lui même réchauffé par le soleil : le « libériste » (nom donné aux gens pratiquant le vol libre) cherchant une source de thermique cherchera donc des sols s’échauffant plus vite que les sols environnants.

Le thermique peut donc se représenter simplement par une colonne d’air qui monte, du sol jusqu’au « plafond » (altitude à laquelle les ascendances s’arrêtent, soit parce que le gradient de température s’inverse, soit parce que l’air arrive à saturation, formant un nuage que les règles de l’air interdisent de traverser), ce qui explique pourquoi les libéristes décrivent des spirales en vol, ils « centrent le thermique » afin de rester dans le courant d’air ascendant.

Vol dynamique

Le vol dynamique (soaring) consiste à utiliser le vent lorsqu’il rencontre un relief (falaise, montagne…). Face à cet obstacle le vent prend une trajectoire à composante verticale, et crée donc une zone dans laquelle les parapentes peuvent monter.

Le site à soaring le plus célèbre de France (et le plus fréquenté) est la dune du Pyla sur la côte atlantique.

ATTERISSAGE EN PARAPENTE

Dès qu’on a acquis les bases du décollage et avant de profiter des joies du vol, il faut d’abord apprendre à atterrir, exercice délicat en parapente. En effet, il faut être capable d’atterrir quasiment n’importe où et dans n’importe quelles conditions. En parapente, le principe de l’atterrissage ressemble à son homonyme en avion.

Avant d’avoir décollé, il faut déjà avoir prévu où l’on peut atterrir, sauf en vol de distance (réservé aux experts).